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Les 20 produits qu'il faut toujours avoir chez soi
Le placard de secours que je remplis depuis dix ans : 20 produits, leur prix moyen, et ce qu'ils coûtent chez Lidl, Carrefour, Cora et Naturalia.
Par Arthur Lecaille · publié le 3 septembre 2026 · 8 min de lecture
Il restait un sachet de levure chimique périmé, un fond de spaghettis dans un paquet plié en deux et refermé avec une pince à linge, et une boîte de maïs. C'est tout ce que contenait mon placard ce soir-là. J'ai commandé une pizza à 17,90 € livrée. Mon coloc de l'époque, Rémi, l'a mangée avec moi devant un match qu'aucun de nous ne regardait vraiment, et il a lâché la phrase qui m'a rendu obsessionnel du sujet : « on a payé une pizza parce qu'on n'avait pas deux euros de pâtes ». Il avait raison. Ça m'a agacé pendant des jours.
Depuis, je tiens une liste de vingt produits. Pas vingt idées vagues, vingt références précises, qui restent au même endroit, et dont l'absence déclenche un rachat immédiat. Ce n'est pas de la préparation à l'apocalypse : je ne stocke ni conserves de survie ni bidons d'eau. C'est juste que passé 20 h un soir de semaine, personne ne prend de bonne décision alimentaire, et qu'une liste écrite à froid vaut mieux qu'une décision prise à chaud.
Ce que le placard vide coûte réellement
Le calcul est brutal. Une livraison de dépannage, chez moi, tombe entre 15 et 25 € pour un repas. Le même repas fait à la maison avec la liste ci-dessous coûte entre 1,20 € et 2,50 € par personne — c'est exactement la fourchette du palier « petit budget » de Tadam, 35 € par personne et par semaine, soit 2,50 € maximum la portion.
Deux dépannages par mois, ça fait 400 € par an. Pour un placard qu'on remplit en une fois pour une cinquantaine d'euros.
Je ne fais pas la morale : je commande encore. Mais je commande parce que j'en ai envie, pas parce que le placard est vide. La différence est énorme et elle est invisible sur le ticket.
La liste, avec ce que chaque ligne coûte
Prix moyens issus du catalogue Tadam de 333 ingrédients, au 3 septembre 2026.
| Produit | Prix moyen catalogue | Pourquoi il est là |
|---|---|---|
| Spaghetti | 1,90 €/kg | Base de dix dîners |
| Coquillettes | 1,80 €/kg | Cuisson courte, plaisent aux enfants |
| Riz basmati | 3,20 €/kg | L'alternative aux pâtes |
| Lentilles vertes | 4,00 €/kg | 24,6 g de protéines, 17 g de fibres /100 g |
| Pois chiches secs | 2,50 €/kg | Le moins cher des légumes secs |
| Flocons d'avoine | 3,00 €/kg | Petit-déjeuner à quelques centimes |
| Farine de blé | 1,10 €/kg | Crêpes, pâte à tarte, béchamel |
| Sucre blanc | 1,30 €/kg | Se garde indéfiniment |
| Tomates pelées en boîte | 2,00 €/kg | La sauce de secours |
| Thon en boîte | 12,00 €/kg | 26 g de protéines /100 g |
| Huile d'olive | 13,00 €/l | Cuisson et assaisonnement |
| Huile de tournesol | 3,00 €/l | Pour ce qui chauffe fort |
| Vinaigre de cidre | 3,00 €/l | Vinaigrette et déglaçage |
| Café moulu | 25,00 €/kg | Le seul luxe non négociable |
| Œufs | 0,32 € pièce | Dîner en dix minutes |
| Beurre doux | 11,00 €/kg | Se congèle très bien |
| Emmental râpé | 14,00 €/kg | Sauve n'importe quel plat |
| Lait demi-écrémé | 1,10 €/l | Béchamel, porridge, café |
| Oignons jaunes | 2,50 €/kg | Base de tout |
| Carottes | 1,80 €/kg | Se gardent trois semaines au frais |
Vingt lignes. Aucune ne dépasse cinq euros à l'achat en petit format, et six d'entre elles se conservent plus d'un an.
Ce que ça donne en magasin, vraiment
Les moyennes ci-dessus, c'est le catalogue. Voilà ce qu'on a relevé en vrai début septembre 2026.
Le filet d'oignons jaunes de 2 kg chez Lidl était à 1,11 € le 2 septembre 2026, soit 0,56 €/kg — plus de quatre fois moins que la moyenne catalogue, parce que le format compte. Le fromage râpé bio Milbona 150 g y était à 1,79 €, soit 11,93 €/kg, sous la moyenne de 14 €/kg. Le thon NIXE MSC à l'huile de tournesol 185 g était à 0,83 €, soit 4,49 €/kg en promotion, et le thon albacore entier au naturel 200 g à 1,61 €, soit 8,05 €/kg. Quand je vois du thon à 4,49 €/kg contre une moyenne de 12, j'en prends six boîtes et je ne réfléchis pas.
Chez Carrefour, le 2 septembre 2026, le sac de pommes de terre vapeur Filière Qualité de 2 kg était à 2,49 €, soit 1,24 €/kg. Chez Cora le 3 septembre 2026, le pack de lait demi-écrémé Lactel vitamine D sortait à 9,75 €, soit 1,22 €/l. Chez Naturalia, le 2 septembre 2026, le beurre de baratte doux 250 g était à 3,49 € — 13,96 €/kg, soit trois euros de plus au kilo que la moyenne, et c'est le prix du bio, pas une arnaque.
L'huile d'olive Naturalia en 75 cl, relevée à 13,80 € le 2 septembre 2026, revient à 18,40 €/l. Là, je ne suis pas d'accord avec moi-même : je continue d'en acheter en sachant que c'est cher, parce que je n'ai jamais réussi à faire une vinaigrette correcte avec une huile à cinq euros le litre.
Pour les douze enseignes que nos scrapes n'ont pas atteintes — Leclerc, Auchan, Intermarché, Super U, Casino, Monoprix, Franprix, Picard, Netto, Match, Grand Frais, Aldi — Tadam affiche des prix estimés, calculés à partir d'un prix moyen national et d'un coefficient d'enseigne. Estimation Tadam, à confirmer en magasin. Concrètement, ça veut dire que je peux te dire dans quel ordre de grandeur tombe ton placard chez Intermarché, pas ce que la caisse affichera au centime.
Et il y a des lignes que je n'ai tout simplement pas. Je n'ai pas de relevé de prix du beurre chez Aldi, par exemple : leur site ne publie pas de catalogue alimentaire exploitable en France. Je préfère l'écrire que de sortir un chiffre qui aurait l'air propre.
L'objection qu'on me fait à chaque fois
« Stocker, ça fait dépenser plus. » On me le dit systématiquement, et ce n'est pas faux dans un cas : quand on stocke ce qu'on n'utilise pas. Un placard de vingt lignes rachetées machinalement, dont six ne servent jamais, coûte plus cher qu'un placard vide.
La parade tient en une contrainte : aucune ligne n'entre dans la liste si elle n'apparaît pas dans au moins trois plats que je fais réellement. Les carottes y sont parce qu'elles vont dans une soupe, une poêlée et un riz. Les pois chiches secs à 2,50 €/kg y sont parce qu'ils font une salade, un curry et une purée à tartiner. Le quinoa n'y est pas, malgré tout ce qu'on raconte sur lui.
L'autre reproche, plus juste, porte sur la trésorerie. Remplir vingt lignes d'un coup, c'est une cinquantaine d'euros posés sur une semaine où on n'avait pas prévu ça. Je le fais en deux fois, sur deux samedis : l'épicerie sèche d'abord, les frais et les huiles ensuite. Ça se digère mieux.
Les quatre dîners que cette liste permet, sans rien acheter d'autre
Avec ces vingt lignes seules, tu fais un One pot pâtes tomate-basilic en vingt-cinq minutes, une Omelette au fromage, salade verte en dix, des Spaghetti au thon, tomates et olives, et un Riz cantonais maison si tu as un reste de jambon. Aucune n'exige une course supplémentaire. C'est le seul test qui compte pour moi : si une liste de base ne produit pas quatre repas complets sans sortir de chez soi, ce n'est pas une liste de base, c'est une liste d'envies.
Le dimanche soir de novembre, avec ce placard-là, j'aurais mangé des pâtes au thon en dix-sept minutes pour environ un euro cinquante. Rémi aurait râlé. Tant pis pour lui.
Ce que j'ai retiré de la liste, et pourquoi
J'avais du riz complet, du quinoa et trois sortes de vinaigre. J'ai tout sorti. Le quinoa à 8,00 €/kg de moyenne catalogue est resté deux ans dans un bocal, je l'ai jeté en même temps qu'un sachet de graines de chia jamais ouvert. La règle que j'applique depuis : si un produit n'est pas utilisé dans les six semaines qui suivent son achat, il ne fait pas partie du placard de base, il fait partie de mes illusions.
J'ai aussi retiré les conserves de légumes autres que les tomates pelées. Les haricots verts en boîte, je n'aime pas ça, je n'en ai jamais aimé, et j'en achetais parce que ça faisait sérieux d'en avoir. C'est une raison stupide d'acheter quelque chose.
Comment tenir la liste sans y penser
Une feuille aimantée sur le frigo, un stylo qui tient à côté, et une règle : on note quand on ouvre le dernier, pas quand on finit le dernier. Ça a l'air d'un détail. Ça change tout, parce que la ligne est écrite avant l'urgence, à un moment où on n'a pas faim et où on ne panique pas.
L'autre moitié du travail, c'est le rangement. Les vingt lignes vivent sur une seule étagère, à hauteur d'yeux, et rien d'autre n'a le droit d'y être. Le café, les épices, les paquets entamés de biscuits, les trucs rapportés d'un voyage : ailleurs. Le jour où j'ai arrêté de mélanger le placard de base et le placard de plaisir, j'ai cessé de racheter des choses que j'avais déjà.
Et une fois par saison, je sors tout et je regarde les dates. Ce qui a moins de deux mois devant lui passe au premier plan et se mange dans la semaine. C'est comme ça que les lentilles vertes finissent en salade un mardi de mars sans que ça relève d'une décision.
Tadam fait la même chose dans l'app, avec le mode foyer qui met la liste à jour en temps réel pour les deux personnes du logement. Mais la feuille aimantée marche aussi, et elle ne tombe jamais en panne de batterie.
Va compter tes boîtes de tomates pelées. Si tu n'en as pas au moins deux, ta soirée de dimanche est déjà en danger.
Sources
- INSEE — indice des prix à la consommation — consulté le 2026-09-03
- ADEME — gaspillage alimentaire — consulté le 2026-09-03
- Lidl France — catalogue en ligne — consulté le 2026-09-02
Questions fréquentes
Combien coûte ce placard de 20 produits ?
Autour de 45 à 55 € en une fois, selon l'enseigne, pour des quantités qui tiennent plusieurs semaines. C'est un investissement de départ, pas une dépense hebdomadaire : la moitié des lignes se rachète une fois par trimestre.
Faut-il stocker des pâtes ou du riz en priorité ?
Les pâtes. À 1,80 à 1,90 €/kg de moyenne dans notre catalogue contre 3,20 €/kg pour le riz basmati, elles cuisent en dix minutes et se marient avec tout ce qui reste au frigo. Le riz vient ensuite, pour varier.
Quels produits frais entrent dans un placard de base ?
Les œufs, le beurre, le fromage râpé, le lait et les oignons. Les œufs à 0,32 € pièce en moyenne tiennent trois semaines, les oignons jaunes six semaines au sec — le filet de 2 kg était à 1,11 € chez Lidl le 2 septembre 2026, soit 0,56 €/kg.
Le premier prix suffit-il pour ces 20 produits ?
Pour quinze d'entre eux, oui. Farine, sucre, pâtes, riz, conserves de tomates : la différence de goût est nulle. Je paie plus cher sur l'huile d'olive, le café, le beurre, le fromage et le thon, parce que là ça s'entend dans l'assiette.
À lire ensuite
Les prix cités dans ce guide
Chaque fiche donne le prix relevé dans les 17 enseignes suivies.
Des recettes pour appliquer
Arthur Lecaille
Arthur Lecaille est le fondateur de Tadam. Entrepreneur français installé à Bali, il dirige AC SCALE LLC, structure depuis laquelle il construit des produits numériques grand public. Tadam est né d'un constat simple, vérifié chiffres en main : entre deux enseignes françaises, le même panier de courses peut varier de plus de quarante euros, sans que personne ne publie l'écart de façon lisible. Il conçoit lui-même le moteur de relevé de prix, la méthode de rapprochement produit-ingrédient et les règles de planification des menus, et il tranche chaque arbitrage éditorial : afficher un prix estimé comme tel, ne jamais présenter une moyenne comme un relevé, publier l'écart même quand il dérange.
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