Tadam
Menu

budget

Manger pour 50 € par semaine : la méthode

50 € de courses par semaine, posés en prix au kilo et en repas, à partir de nos relevés Lidl et Carrefour du 2 septembre 2026.

Par Arthur Lecaille · publié le 3 septembre 2026 · 7 min de lecture

Cinquante euros, sept jours, trois repas : ça fait 2,38 € le repas. Je pose le calcul comme ça parce que c'est le seul angle qui tienne debout. Un budget hebdomadaire, c'est une abstraction ; un repas à 2,38 €, tu peux le tenir dans la main — deux cents grammes de pâtes, un tiers de boîte de thon, un oignon, une cuillère d'huile. À partir de là, la question n'est plus « est-ce que c'est possible » mais « où est-ce que ça devient impossible ».

Chez Tadam, le palier Petit budget est calé à 35 € par personne et par semaine, avec un plafond de 2,50 € la portion. Cinquante euros, donc, c'est large. Large, sur le papier. À condition que deux ou trois produits n'aillent pas manger le quart du budget pendant que tu regardes ailleurs. C'est exactement ce qui m'est arrivé.

La semaine où j'ai fini à 47,80 €

Un mardi de septembre, retour en France, magasin Lidl, liste écrite dans les notes du téléphone. Je voulais tenir la semaine sous 50 €. J'ai fini à 47,80 €, et j'étais très content de moi jusqu'à ce que je relise le ticket le soir. Il est encore plié en quatre dans la poche intérieure d'un blouson que je ne mets plus, avec un reçu de parking de la même journée.

Le café. Le café moulu tourne à 25,00 €/kg dans le catalogue d'ingrédients Tadam. Un paquet de 250 g, c'est 6,25 €. Sur 47,80 €, ça fait 13 % de la semaine pour un produit qui ne nourrit personne. Ajoute un fromage à pâte dure et tu es à 20 % du budget avant d'avoir acheté un seul légume.

Je ne dis pas d'arrêter le café. Je ne moralise pas là-dessus, j'en bois trois par jour. Je dis qu'il n'a rien à faire dans la ligne « courses » : chez moi il a sa propre ligne, à côté du forfait téléphone. Sinon il vient saboter un arbitrage qui n'a rien à voir avec lui, et tu finis par retirer du poulet de ton panier pour compenser un paquet d'arabica.

Détail que j'avais oublié cette semaine-là : le sel. Je m'en suis rendu compte le jeudi soir, casserole d'eau bouillante devant moi.

La protéine décide, le reste suit

Le vrai levier n'est pas le nombre de repas végétariens dans ta semaine. C'est le prix du kilo de protéines, un dénominateur que personne n'affiche jamais en rayon. Voilà ce que donne notre catalogue de 333 ingrédients, en croisant le prix moyen par unité et la composition pour 100 g issue de la table Ciqual.

Aliment Prix moyen catalogue Protéines / 100 g Prix du kilo de protéines
Lentilles vertes 4,00 €/kg 24,6 g 16,26 €
Pois cassés 4,00 €/kg 24,0 g 16,67 €
Poulet entier 5,90 €/kg 20,0 g 29,50 €
Pois chiches 2,50 €/kg 8,4 g 29,76 €
Blanc de poulet 9,90 €/kg 23,0 g 43,04 €
Thon en boîte 12,00 €/kg 26,0 g 46,15 €
Bœuf haché 11,00 €/kg 19,0 g 57,89 €
Saumon frais 21,00 €/kg 20,0 g 105,00 €

Le bœuf haché coûte 3,6 fois plus cher que les lentilles vertes pour la même quantité de protéines. Ce n'est pas un argument moral, c'est un rapport. Et il explique pourquoi une semaine à 50 € s'écroule dès qu'on met de la viande rouge quatre soirs sur sept, indépendamment du reste.

Côté relevés réels, les fines escalopes de poulet L'étal du Volailler à 9,99 € le kilo chez Lidl, relevé le 2 septembre 2026, tombent pile sur la moyenne de notre catalogue. Les steaks hachés L'étal du Boucher à 13,99 € le kilo, même relevé, sont au-dessus. Voilà, tu as ton arbitrage du dimanche.

Ce que 50 € achètent vraiment

Une semaine que je refais souvent, avec les dîners qui portent la charge et des déjeuners montés sur les restes :

  • Dahl de lentilles corail au lait de coco — la base, elle tient trois jours au frigo et coûte une misère
  • Chili sin carne aux haricots rouges — même logique, avec des tomates pelées à 2,00 €/kg au catalogue
  • Riz cantonais maison — le tueur de restes, il avale un fond de jambon et deux œufs
  • Soupe de pois cassés et carotte — 23 g de fibres aux 100 g dans les pois cassés, le meilleur rapport du placard
  • Omelette au fromage, salade verte — le soir où tu rentres tard et où tu allais commander
  • Spaghetti bolognaise maison rapide — le seul soir avec du bœuf haché, et ça suffit

Le socle légumes coûte moins que ce que les gens croient, à condition d'acheter en filet et pas à la pièce. L'oignon jaune en filet de 2 kg à 1,11 € chez Lidl, relevé le 2 septembre 2026, sort à 0,56 €/kg et se conserve six semaines dans un placard. Les pommes de terre vapeur Filière Qualité Carrefour, sac de 2 kg à 2,49 € le même jour, font 1,24 €/kg. Les champignons blancs 200 g à 0,99 € chez Carrefour, soit 4,95 €/kg, tiennent quatre jours.

Le piège, c'est le rayon fruits. Les tomates rondes en grappe à 4,49 € le kilo chez Carrefour, relevé le 2 septembre 2026, ne sont pas chères par rapport au marché — elles sont chères par rapport à ton budget. Deux kilos de tomates, c'est un cinquième de ta semaine.

Même chose pour le poisson frais, dont je me passe presque totalement à ce niveau de budget. Le filet de saumon ASC entier de 1 kg à 16,99 € chez Lidl, relevé le 2 septembre 2026, est un très bon prix pour du saumon. C'est aussi le tiers de ta semaine dans un seul sac. À l'inverse, le thon NIXE MSC à l'huile de tournesol, boîte de 185 g à 0,83 € en promotion le même jour, te donne du poisson à 4,49 €/kg. Je prends le second, six fois sur sept, et je ne me sens pas lésé une seconde. Les moules de bouchot STG en sac de 2 kg à 8,49 €, soit 4,25 €/kg, sont la seule exception que je m'autorise : c'est un dîner complet pour deux à moins de 5 € en comptant les frites.

Les midis, l'angle mort de tous les budgets

Presque tous les gens qui me parlent de leur budget courses me parlent de leurs dîners. Les midis, eux, sortent du calcul, parce qu'ils se règlent en dehors de la maison et qu'ils n'apparaissent pas sur le ticket de supermarché. Sauf qu'ils existent, et qu'ils sont sept sur vingt et un.

Fais le compte à l'envers. Un sandwich de boulangerie autour de 5 €, cinq jours par semaine, c'est 25 € — la moitié d'un budget de 50 € pour un tiers des repas. Le même déjeuner monté à la maison, avec un pain pita à 0,40 € pièce dans notre catalogue, 80 g de jambon blanc, un peu de fromage râpé à 14,00 €/kg et des crudités, revient autour de 1,60 €. L'écart annuel, sur cinq déjeuners par semaine et quarante-six semaines, dépasse les 780 €.

Je ne vais pas te dire que la boîte du midi est agréable tous les jours. Elle ne l'est pas. Le mercredi, elle est même franchement déprimante quand elle contient la même chose que lundi. Ce que je fais, et c'est un compromis assumé : quatre midis préparés, un midi acheté, sans culpabilité et sans le faire rentrer dans la ligne courses.

Le pain aide beaucoup à ce niveau. Le pain de mie 100 % mie sans croûte Harrys en maxi format à 2,19 € chez Cora, relevé le 3 septembre 2026, sort à 3,37 €/kg — c'est moins cher au kilo que presque tout ce que tu peux mettre dessus. La baguette à 1,10 € dans notre catalogue tient une journée et pas deux, ce qui la rend chère en pratique dès qu'on vit seul.

L'enseigne pèse plus lourd que la recette

On a construit un panier de 29 produits de base et on l'a passé sur les catalogues des 17 enseignes couvertes par Tadam, le 3 septembre 2026, en prenant à chaque fois la référence la moins chère. Lidl sort à 37,06 €. Carrefour à 47,25 €. Monoprix à 53,67 €.

Dix euros d'écart chaque semaine entre Lidl et Carrefour sur le même panier, ça fait 520 € par an. Aucune astuce de cuisine ne rattrape ça. Aucune.

Précision d'honnêteté, parce qu'elle compte : sur ces 17 enseignes, 5 seulement sont en prix relevés en direct — Lidl, Carrefour, Cora, Naturalia, Biocoop, scrapés les 2 et 3 septembre 2026. Les 12 autres, dont Aldi, Leclerc et Monoprix, tournent sur des prix estimés, construits à partir d'un prix moyen national par ingrédient et d'un coefficient par enseigne. L'ordre de grandeur est solide. Le classement au centime, non. Je préfère te le dire que de te vendre un tableau que je ne peux pas défendre.

La règle que j'applique depuis

Trois lignes fixes hors budget courses : café, huile d'olive, épices. Elles se rachètent toutes les six semaines, elles polluent le calcul hebdomadaire, elles n'ont rien à y faire. Le reste tient dans 50 € sans effort si tu poses tes protéines avant tes recettes, et pas l'inverse.

Fais tes courses avec le prix au kilo affiché à côté de chaque ligne. C'est tout ce que je demande.

Sources

Questions fréquentes

50 € par semaine, c'est réaliste pour une personne ?

Oui, avec de la marge. Le palier Petit budget de Tadam est calé à 35 € par personne et par semaine, plafond de 2,50 € la portion. À 50 €, tu peux ajouter du poulet, du fromage et des fruits frais sans sortir du cadre.

Quel est le poste qui fait exploser un budget à 50 € ?

Les produits chers au kilo achetés en petite quantité : café, fromage affiné, herbes fraîches, épices. Le café moulu tourne à 25,00 €/kg dans notre catalogue. Un paquet de 250 g, c'est 6,25 €, soit 13 % d'un budget à 47,80 €.

Faut-il faire ses courses chez Lidl pour tenir 50 € ?

Non, mais ça aide beaucoup. Notre panier de 29 produits ressort à 37,06 € chez Lidl contre 47,25 € chez Carrefour et 53,67 € chez Monoprix, catalogues du 3 septembre 2026. L'écart entre enseignes dépasse l'effet de n'importe quelle recette.

Quelle protéine coûte le moins cher au kilo de protéines ?

Le poulet entier, à 5,90 €/kg pour 20 g de protéines aux 100 g, soit 29,50 € le kilo de protéines dans notre catalogue. Les lentilles vertes font mieux encore : 4,00 €/kg pour 24,6 g, soit 16,26 €.

À lire ensuite

Les prix cités dans ce guide

Chaque fiche donne le prix relevé dans les 17 enseignes suivies.

Des recettes pour appliquer

Arthur Lecaille

Arthur Lecaille est le fondateur de Tadam. Entrepreneur français installé à Bali, il dirige AC SCALE LLC, structure depuis laquelle il construit des produits numériques grand public. Tadam est né d'un constat simple, vérifié chiffres en main : entre deux enseignes françaises, le même panier de courses peut varier de plus de quarante euros, sans que personne ne publie l'écart de façon lisible. Il conçoit lui-même le moteur de relevé de prix, la méthode de rapprochement produit-ingrédient et les règles de planification des menus, et il tranche chaque arbitrage éditorial : afficher un prix estimé comme tel, ne jamais présenter une moyenne comme un relevé, publier l'écart même quand il dérange.

La page auteur