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Les erreurs qui font exploser le budget courses
Six erreurs qui font grimper le budget courses sans qu'on les voie, avec les prix au kilo relevés chez Lidl, Carrefour et Cora en septembre 2026.
Par Arthur Lecaille · publié le 3 septembre 2026 · 7 min de lecture
Je me suis encore fait avoir un samedi, à 12 h 30, avec un poke bowl au saumon dans la main et une faim qui m'empêchait de réfléchir. Quinze ans que je fais mes courses en regardant les étiquettes du dessous, et il a suffi d'un déjeuner sauté pour que je pose dans le caddie un Select & Go de 297 g à 4,99 €. Soit 16,80 € le kilo. J'ai même hésité avec le pad thaï aux crevettes, 290 g à 4,99 €, 17,21 € le kilo. Relevés Lidl du 2 septembre 2026, tous les deux.
Le détail qui me revient, c'est que j'avais un sac isotherme plié dans la poche, celui que je prends toujours, et que j'ai payé une barquette réfrigérée alors que j'avais tout ce qu'il fallait pour rapporter du frais. Le sac ne sert à rien quand c'est la tête qui décide. J'ai mangé le poke bowl sur le parking, et j'ai fait le reste des courses correctement, ce qui prouve exactement le mécanisme : ce n'est pas la volonté qui manque, c'est la glycémie.
Voilà les six erreurs que je vois revenir, chez moi et dans les tickets qu'on m'envoie. Aucune n'est spectaculaire. C'est bien le problème.
Regarder le prix affiché au lieu du prix au kilo
C'est l'erreur mère, celle dont toutes les autres découlent. Le cerveau retient « 1,29 € », il ne retient jamais « 16,12 € le kilo ».
Prends le Boursin ail et fines herbes chez Carrefour, relevé le 2 septembre 2026. Le pot de 80 g est à 1,29 €, soit 16,12 € le kilo. Celui de 150 g est à 2,35 €, soit 15,67 € le kilo. Celui de 250 g est à 3,45 €, soit 13,80 € le kilo. Sur l'étagère, c'est le petit pot qui a l'air raisonnable. Au kilo, c'est le plus cher des trois de 17 %.
Même chose au rayon champignons, le même jour, dans le même magasin : les champignons blancs de 200 g à 0,99 € sortent à 4,95 € le kilo, et les champignons bruns agroécologie Carrefour Le Marché de 200 g à 2,19 € sortent à 10,95 € le kilo. Deux barquettes identiques posées à côté l'une de l'autre, deux fois deux cent grammes, et un rapport de plus du double. L'étiquette dit tout ; personne ne la lit.
Ma position est nette : si un prix au kilo n'est pas affiché, ou s'il est imprimé en gris clair sur fond blanc en corps six, c'est une décision commerciale, pas un accident d'imprimerie.
Confondre la promotion et le besoin
Une promo sur un produit que tu n'avais pas prévu d'acheter n'est pas une économie de 30 %. C'est une dépense supplémentaire de 100 %.
Je ne dis pas d'ignorer les promos. J'en profite tout le temps : les nuggets de poulet Lidl 1 kg à 4,95 € en promotion le 2 septembre 2026, ou les paupiettes de porc L'étal du Boucher à 5,59 € les six, soit 0,93 € la pièce, c'est du vrai bon prix. Mais la promo doit décider de la marque, jamais du besoin. Si la liste dit « viande hachée » et qu'il y a une promo sur les saucisses de Toulouse — 5,69 € le kilo chez Lidl le 2 septembre 2026 —, la promo peut gagner. Si la liste ne dit rien, la promo n'a pas voix au chapitre.
Le cas limite, ce sont les produits qui ne sont jamais sur une liste et qui sont toujours en promotion : les biscuits, les barres, les boissons. Chez Cora, le 3 septembre 2026, la barre protéinée Fulfil était à 2,89 €. Rapporté au kilo : 52,55 €. Le Kinder Bueno à 6,35 € sort à 18,46 € le kilo, le Nutella à 6,49 € à 7,87 € le kilo. Le rayon protéiné est le plus cher du magasin au kilo, très loin devant la viande, et il est vendu à des gens qui essaient de faire attention.
Payer la découpe
C'est l'erreur la plus chère en proportion, et la plus facile à corriger. Le magasin ne te vend pas seulement un légume : il te vend le fait de l'avoir équeuté, lavé, râpé, mis en barquette.
Le 2 septembre 2026 chez Carrefour, les haricots verts vrac étaient à 2,14 € les 500 g, soit 4,29 € le kilo. Les haricots verts fins éboutés en barquette de 350 g, à 3,79 €, soit 10,83 € le kilo. Deux fois et demie, pour un geste qui prend huit minutes. Chez Naturalia, le même jour, les carottes râpées persillées de 200 g à 2,29 € sortent à 11,45 € le kilo, quand une carotte entière est à 1,80 € le kilo dans notre catalogue. Six fois.
Le champion toutes catégories reste la viande. Un poulet entier est à 5,90 € le kilo dans notre catalogue, avec 20 g de protéines aux 100 g. Un blanc de poulet, à 9,90 € le kilo. Chez Lidl, le 2 septembre 2026, les fines escalopes de poulet L'étal du Volailler de 1 kg étaient à 9,99 €. Je découpe un poulet entier le dimanche depuis des années : deux blancs, deux cuisses, deux ailes, et une carcasse qui fait un bouillon pour la Soupe de lentilles corail au curry. Ça prend douze minutes et une paire de ciseaux de cuisine.
Acheter frais ce qui finira cuit
Les épinards frais sont à 8,00 € le kilo dans notre catalogue, les surgelés à 3,50 €. Le brocoli frais à 3,50 €, le surgelé à 3,20 €. Les petits pois surgelés à 2,80 € le kilo.
Si le légume finit dans un gratin, une soupe, une poêlée ou une omelette, le surgelé gagne toujours : moins cher, déjà lavé, et surtout il ne pourrit pas pendant que tu décides. Le frais garde tout son sens pour ce qui se mange cru ou à peine saisi. Je tiens là-dessus parce que c'est l'arbitrage qui m'a fait économiser le plus, et le seul qui ne demande aucun effort.
Changer d'enseigne sans changer de liste
Sur notre panier de 29 produits de base, comparé le 3 septembre 2026 sur les catalogues des 17 enseignes, Lidl sort à 37,06 € et Carrefour à 47,25 €. Vingt-deux pour cent d'écart. Chez Franprix, le même panier monte à 53,16 € — mais c'est un prix estimé, construit à partir d'un prix moyen national et d'un coefficient d'enseigne, pas d'un relevé. Estimation Tadam, à confirmer en magasin.
Le piège, c'est de croire que l'enseigne fait tout le travail. Elle n'en fait que la moitié. Arriver chez Lidl avec les réflexes d'un client de supérette parisienne — barquettes, portions individuelles, plats préparés — annule l'écart en un caddie. Le vrai gain vient de la combinaison : une enseigne moins chère et une liste construite autour du vrac, des légumineuses, des féculents secs. Un Chili sin carne aux haricots rouges coûte la même chose partout, à quelques centimes près, parce que ses ingrédients ne se prêtent pas au marketing.
Ne jamais relire son ticket
C'est la seule erreur de la liste qui ne coûte rien à corriger, et c'est celle que personne ne corrige.
Un ticket relu vingt secondes, ligne par ligne, fait apparaître trois choses qu'aucun budget prévisionnel ne montre : le doublon, la ligne dont tu ne te souviens pas, et le produit qui a changé de prix depuis la dernière fois. Chez moi, la ligne fantôme est presque toujours au rayon boissons ou biscuits, ajoutée entre le rayon frais et la caisse.
Je garde mes tickets depuis 2019, dans une boîte à chaussures d'abord, dans Tadam maintenant. Ce n'est pas de la nostalgie : c'est la seule donnée honnête dont je dispose sur mes propres courses. Le reste — les intentions, les budgets, les bonnes résolutions du dimanche — ce sont des opinions.
Le scan de ticket de l'app fait ce travail à ma place et compare au ticket précédent, donc l'écart s'affiche en euros. Ce que j'aime dans cette fonction, c'est qu'elle peut me donner tort, ce qui est rare pour un outil qu'on a soi-même conçu. Une semaine annoncée à 43 € qui ressort à 61 €, ça ne se discute pas. Photographie ton prochain ticket, tu verras la ligne que tu ne t'expliques pas.
Les deux erreurs que je ne compte pas comme des erreurs
Il y a deux reproches classiques que je refuse de faire aux gens, parce qu'ils relèvent de la morale et pas du budget.
Le premier : acheter des plats préparés. J'en achète. Un poke bowl à 16,80 € le kilo est cher, mais un dîner sauté suivi d'une livraison à 22 € l'est davantage, et personne ne cuisine sept soirs sur sept. La bonne question n'est pas « est-ce que j'ai le droit », c'est « combien de fois par semaine, et à quel prix au kilo ».
Le second : le café, le chocolat, le petit truc du samedi. Le café moulu est à 25,00 € le kilo dans notre catalogue, ce qui en fait l'un des produits les plus chers du placard. Je ne le retire pas de ma liste et je ne le retirerai jamais. Un budget qu'on ne tient pas parce qu'il est triste ne sert à rien — autant couper là où ça ne se sent pas, comme les Coquillettes jambon-beurre à quinze minutes qui coûtent moins de deux euros la portion et que personne n'a jamais refusées.
La bonne cible, ce n'est pas le plaisir. C'est le prix au kilo du conditionnement, la promo qui décide à ta place, et le poulet déjà découpé. Trois lignes de ticket. Aucune ne te prive de rien.
Sources
- INSEE — indice des prix à la consommation — consulté le 2026-09-03
- UFC-Que Choisir — consulté le 2026-09-03
- Lidl — site enseigne — consulté le 2026-09-03
Questions fréquentes
Quelle est l'erreur qui coûte le plus cher au supermarché ?
Payer la découpe et le conditionnement. Les haricots verts vrac étaient à 4,29 €/kg chez Carrefour le 2 septembre 2026, les mêmes éboutés en barquette à 10,83 €/kg. Le rapport de deux et demi se retrouve sur les carottes râpées, les salades en sachet et la viande en morceaux.
Faut-il vraiment éviter de faire ses courses en ayant faim ?
Oui, et ce n'est pas un mythe de magazine. La faim ne fait pas acheter plus de pâtes, elle fait acheter du prêt-à-manger : un poke bowl Lidl à 4,99 € les 297 g sort à 16,80 €/kg. Trois de ces écarts et la semaine est déséquilibrée.
Une promotion fait-elle vraiment économiser ?
Seulement si le produit était déjà sur ta liste. Une promo sur un produit non prévu est une dépense supplémentaire à 100 %, pas une économie. La règle qui marche : la promo décide de la marque, jamais du besoin.
Changer d'enseigne suffit-il à baisser le budget ?
Ça aide beaucoup mais ça ne suffit pas. Notre panier de 29 produits sort à 37,06 € chez Lidl contre 47,25 € chez Carrefour le 3 septembre 2026, soit 22 % d'écart. Encore faut-il ne pas remplir le caddie avec l'assortiment cher de la nouvelle enseigne.
À lire ensuite
Les prix cités dans ce guide
Chaque fiche donne le prix relevé dans les 17 enseignes suivies.
Des recettes pour appliquer
Arthur Lecaille
Arthur Lecaille est le fondateur de Tadam. Entrepreneur français installé à Bali, il dirige AC SCALE LLC, structure depuis laquelle il construit des produits numériques grand public. Tadam est né d'un constat simple, vérifié chiffres en main : entre deux enseignes françaises, le même panier de courses peut varier de plus de quarante euros, sans que personne ne publie l'écart de façon lisible. Il conçoit lui-même le moteur de relevé de prix, la méthode de rapprochement produit-ingrédient et les règles de planification des menus, et il tranche chaque arbitrage éditorial : afficher un prix estimé comme tel, ne jamais présenter une moyenne comme un relevé, publier l'écart même quand il dérange.
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