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Courses en ligne ou en magasin : que choisir
J'ai alterné drive et magasin une semaine sur deux pendant un mois. Ce que ça change vraiment sur le ticket, et ce que ça ne change pas du tout.
Par Arthur Lecaille · publié le 3 septembre 2026 · 7 min de lecture
Tout le monde affirme que le drive fait économiser de l'argent, et j'ai longtemps répété la même chose sans avoir rien mesuré. J'ai donc alterné, une semaine sur deux, pendant un mois : drive, magasin, drive, magasin. Même foyer, même menu, mêmes recettes, la même liste générée par l'application. Le résultat ne va pas exactement dans le sens de ce qu'on raconte, y compris de ce que je racontais.
Le prix unitaire n'a pas bougé d'un centime. Évidemment. Un drive vend au tarif du magasin qui prépare la commande — c'est même pour ça que le prix d'une fiche produit Auchan n'existe tout simplement pas tant qu'on n'a pas choisi son point de retrait. Le 2 septembre 2026, notre relevé a lu 1 261 fiches produit chez Auchan sans en tirer un seul prix exploitable, pour cette raison exacte : sans magasin, pas de prix, juste un bouton « Voir les prix ».
Ce qui a bougé, c'est le nombre de lignes sur le ticket.
L'écart est dans le panier, pas dans l'étiquette
Sur les deux semaines en magasin, mon ticket comptait entre onze et quatorze lignes de plus que la liste. Sur les deux semaines en drive, deux et trois. Ce ne sont pas les mêmes courses.
Les lignes en trop, en magasin, ne sont jamais des choses absurdes. C'est un paquet de biscuits en tête de gondole, un fromage qu'on n'avait pas prévu, un deuxième pain parce qu'il sentait bon, des tomates cerises parce qu'elles étaient jolies. Rien de scandaleux pris isolément. Additionné, ça fait la différence entre un budget tenu et un budget dépassé de 20 %.
En drive, ce phénomène ne disparaît pas complètement — il change juste de forme. Les bandeaux « souvent achetés ensemble » et les rayons suggérés existent aussi, et ils fonctionnent sur moi comme sur n'importe qui. Mais on résiste mieux à une vignette qu'à une odeur de pain chaud. C'est aussi simple que ça.
Ce que le magasin fait mieux
Le frais, sans discussion.
En drive, tu ne choisis pas ton avocat. Tu ne palpes pas le melon, tu ne regardes pas la date sur la barquette de viande, tu ne compares pas deux salades. Et quand un produit manque, c'est le préparateur qui décide de la substitution, parfois très bien, parfois en remplaçant un produit à 2 € par son équivalent à 4 €.
Le magasin fait mieux aussi sur une chose qu'on oublie : les écarts entre formats. Les haricots verts vrac de Carrefour étaient à 4,29 €/kg le 2 septembre 2026, pendant que les haricots verts fins éboutés en barquette de 350 g sortaient à 10,83 €/kg. Le même légume, le même magasin, le même jour, deux fois et demie le prix. En rayon, tu vois les deux côte à côte et l'arbitrage saute aux yeux. Sur une page de résultats, ils n'apparaissent presque jamais ensemble.
Même chose pour les champignons : 0,99 € les 200 g de champignons blancs, soit 4,95 €/kg, contre 10,95 €/kg pour les champignons bruns « agroécologie » du même rayon. Deux fois le prix pour un champignon un peu plus foncé. En magasin, ça se voit.
Ce que le drive fait mieux
Le sec, l'épicerie, les boîtes, les surgelés, les boissons. Tout ce qui est standardisé, lourd, et qui n'a pas besoin d'être regardé.
Et le temps. Une liste de trente lignes prend quarante minutes en magasin un samedi, contre dix minutes de préparation et un passage de six minutes au retrait. Sur une année, l'écart n'est pas anecdotique.
Enfin, le drive rend les prix visibles avant le passage en caisse. C'est peut-être son principal mérite et personne n'en parle. Tu vois ton total monter ligne par ligne, tu peux enlever quelque chose sans le remettre en rayon devant tout le monde, et tu arrives à la caisse en connaissant le chiffre. En magasin, le total est une surprise à la fin, et une surprise n'a jamais aidé personne à tenir un budget.
Le compromis que j'ai gardé
Le sec en drive, le frais en magasin.
Concrètement : l'épicerie, les conserves, les surgelés, les produits d'entretien et les boissons partent en commande le jeudi. Le samedi matin, je passe vingt minutes au marché ou au rayon frais pour les légumes, la viande et le poisson. La liste de l'application se coupe naturellement en deux, puisqu'elle est déjà rangée par rayon.
C'est plus de logistique, oui. C'est aussi la seule configuration où j'ai à la fois le prix maîtrisé et des tomates que j'ai choisies.
La partie technique, parce qu'elle change l'expérience
Une chose qu'on découvre en construisant l'envoi automatique d'une liste vers un drive : aucune enseigne française ne permet de coller une liste de courses multi-lignes. On a cherché, le 2 septembre 2026, enseigne par enseigne. Leclerc a des « listes », mais on les remplit produit par produit depuis le catalogue. Carrefour aussi. Personne n'a de champ où déverser trente lignes d'un coup.
Résultat, remplir un panier de drive reste artisanal. Chez Carrefour et Auchan, l'adresse d'une fiche produit est déterministe, donc Tadam peut ouvrir directement la bonne page et cliquer le bouton d'ajout. Chez les autres, il faut enchaîner une recherche par article, et c'est plus lent.
Il y a aussi les murs de consentement. Au premier passage sur Carrefour, la bannière cookies masque les résultats. Tadam la détecte et met en pause : c'est à toi de répondre. On ne clique ni « Tout accepter » ni « Refuser » à ta place, parce que ce n'est pas notre décision à prendre.
Et il y a le cas Auchan, celui qui surprend le plus de monde : tant qu'aucun drive n'est sélectionné, la fiche produit n'affiche aucun bouton d'ajout. Rien. Beaucoup de gens croient que le site bogue alors qu'il attend juste qu'on lui dise où on retire ses courses.
Découper la semaine en deux paniers
La coupure sec/frais paraît théorique tant qu'on ne l'a pas appliquée à un vrai menu. Voilà comment elle tombe chez moi.
Le panier drive porte les recettes qui reposent sur du stock : la Plaque au four poulet et légumes racines (batch) du dimanche, avec ses carottes, ses oignons et son poulet, et la Salade de thon et haricots blancs de dix minutes qui n'a besoin que de conserves. Le Velouté de potiron à la muscade aussi, puisqu'une courge se commande à l'aveugle sans risque — c'est un légume qui ne se palpe pas. Le filet d'oignons de 2 kg à 1,11 € chez Lidl, relevé le 2 septembre 2026, soit 0,56 € le kilo, c'est typiquement l'achat qu'on ne veut pas porter à la main et qu'on ne regrette jamais.
Le panier magasin porte tout ce qui se juge du regard : les fruits, les salades, la viande à la coupe, le poisson. Le 2 septembre 2026, chez Carrefour, les tomates rondes en grappe vrac étaient à 4,49 € le kilo et les pêches chair jaune vrac à 3,99 € le kilo. Ces deux lignes-là, je veux les choisir moi-même, et je paierais volontiers un peu plus cher pour ça.
Il reste un poste que je mets systématiquement en drive pour des raisons de discipline pure : les boissons. Le pack de Coca-Cola chez Cora était à 12,41 € le 3 septembre 2026, soit 1,88 € le litre. Ce n'est ni cher ni scandaleux. C'est simplement le genre de produit qu'on prend en double quand il est empilé à hauteur de caddie, et jamais quand il faut le taper dans une barre de recherche.
Dernier point, qui remet tout le reste à sa place : le canal pèse moins lourd que l'enseigne. Notre panier de 29 produits, comparé le 3 septembre 2026 sur les catalogues des dix-sept enseignes, sort à 37,06 € chez Lidl et 47,25 € chez Carrefour. Chez Monoprix il monte à 53,67 €, mais c'est un prix estimé — construit à partir d'un prix moyen national et d'un coefficient d'enseigne, pas d'un relevé. Estimation Tadam, à confirmer en magasin. Dix euros d'écart par semaine, aucun mode de retrait ne les rattrape.
Le seul chiffre que je refuse de donner
Les frais de drive et les minimums de commande. On me les demande souvent, et je n'ai pas de relevé systématique enseigne par enseigne. Ils existent, ils varient, il y a en général une gratuité au-dessus d'un seuil et un plancher en dessous duquel la commande ne part pas. Mettre un montant précis dans un article sans l'avoir vérifié pour les dix-sept enseignes, ce serait exactement le genre de chiffre plausible et faux dont ce site est censé être l'antidote.
Ce que je peux dire, c'est que le minimum de commande m'a déjà coûté une commande entière, et que la parade est bête : garder deux ou trois lignes d'épicerie longue conservation dans un coin de la liste, prêtes à combler l'écart.
Alterne pendant un mois, et compte tes lignes hors liste. C'est le seul test qui vaut, parce que la réponse dépend beaucoup plus de ta résistance en rayon que de l'enseigne.
Sources
- Carrefour — catalogue en ligne — consulté le 2026-09-02
- Auchan — site marchand — consulté le 2026-09-02
- INSEE — indice des prix à la consommation — consulté le 2026-09-03
Questions fréquentes
Le drive est-il moins cher que le magasin ?
Le prix unitaire est le même, celui du magasin qui prépare la commande. L'économie vient d'ailleurs : on n'achète que ce qui est sur la liste. C'est un gain de comportement, pas de tarif, et il disparaît si on remplit le panier au fil de la navigation.
Y a-t-il des frais de drive ?
Souvent oui, avec une gratuité au-dessus d'un seuil de commande et un minimum en dessous duquel la commande ne passe pas. Tadam n'a pas de relevé systématique de ces montants enseigne par enseigne, donc nous n'en publions aucun chiffre.
Peut-on coller sa liste de courses dans un drive français ?
Non. Aucune enseigne française ne propose de coller une liste multi-lignes, vérifié le 2 septembre 2026. Tadam ouvre donc les fiches produit une par une chez Carrefour et Auchan, ou enchaîne les recherches article par article ailleurs.
Le frais est-il moins bon en drive ?
C'est la vraie limite. Tu ne choisis ni ton avocat ni ta pièce de viande, et les substitutions sont décidées par le préparateur. Beaucoup de gens font le sec en drive et le frais en magasin — c'est le compromis qui tient le mieux.
À lire ensuite
Les prix cités dans ce guide
Chaque fiche donne le prix relevé dans les 17 enseignes suivies.
Des recettes pour appliquer
Arthur Lecaille
Arthur Lecaille est le fondateur de Tadam. Entrepreneur français installé à Bali, il dirige AC SCALE LLC, structure depuis laquelle il construit des produits numériques grand public. Tadam est né d'un constat simple, vérifié chiffres en main : entre deux enseignes françaises, le même panier de courses peut varier de plus de quarante euros, sans que personne ne publie l'écart de façon lisible. Il conçoit lui-même le moteur de relevé de prix, la méthode de rapprochement produit-ingrédient et les règles de planification des menus, et il tranche chaque arbitrage éditorial : afficher un prix estimé comme tel, ne jamais présenter une moyenne comme un relevé, publier l'écart même quand il dérange.
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