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Leclerc ou Carrefour drive : le comparatif honnête

Leclerc bloque nos relevés, Carrefour non. Ce que l'indice Tadam dit vraiment, et ce qui sépare les deux drives une fois la liste ouverte.

Par Arthur Lecaille · publié le 3 septembre 2026 · 7 min de lecture

On m'a répété cent fois que Leclerc était moins cher que Carrefour, et je suis incapable de le prouver avec mes propres relevés. Ce n'est pas de la fausse modestie. Le 2 septembre 2026, quand notre robot est passé sur les catalogues des dix-sept enseignes, E.Leclerc a renvoyé une erreur 403 sur absolument tout, y compris sa page d'accueil. DataDome, leur bouclier anti-robot, ne fait pas dans la nuance. Carrefour, lui, a répondu : soixante lignes, datées, avec les prix au kilo.

Donc le comparatif que tu es venu chercher, celui où je te dis « Leclerc gagne de 4,45 € et voilà », je ne peux pas te le vendre. Ce que je peux te donner à la place est moins vendeur et nettement plus utile.

L'écart de prix, et la partie circulaire de l'écart

L'indice Tadam compare un panier de 29 produits de base — spaghetti, riz basmati, lentilles, œufs, lait, beurre, poulet, bœuf haché, pommes de terre, carottes, oignons, huile d'olive, café, et le reste — sur les catalogues du 3 septembre 2026, en prenant chaque fois la référence la moins chère. Leclerc sort à 42,80 €, Carrefour à 47,25 €. En base 100 sur Carrefour, ça place Leclerc à 91.

Quatre euros quarante-cinq par panier. Sur cinquante-deux semaines et pour une personne qui achèterait exactement ces 29 lignes tous les samedis — c'est-à-dire personne — ça ferait environ 230 € par an.

Sauf que le total Leclerc est une estimation, et je vais te dire comment elle est faite parce que sinon elle ne vaut rien. On part d'un prix moyen national par ingrédient, on applique un coefficient d'enseigne, on retire une remise marque distributeur, on ajoute un bruit de plus ou moins 8 %. Le coefficient Leclerc vaut 0,90, celui de Carrefour vaut 1,00. Autrement dit, une bonne partie des 9 points d'écart, c'est le coefficient lui-même qui les fabrique. C'est circulaire. Je préfère l'écrire que le maquiller derrière un joli graphique.

Mon opinion, et elle n'engage que moi : l'ordre de grandeur est juste, Leclerc est structurellement moins cher qu'un hyper Carrefour, la centrale d'achat et les Marque Repère expliquent ça mieux que n'importe quel comparatif. Mais quiconque te sort un classement au centime entre ces deux-là sans avoir les deux catalogues sous la main te raconte une histoire.

Ce que j'ai vraiment sous les yeux, côté Carrefour

Le relevé Carrefour du 2 septembre 2026 porte surtout sur le rayon frais, avec beaucoup de lignes en promotion. Et il raconte un truc plus intéressant que le duel d'enseignes : à l'intérieur d'un même magasin, l'écart entre deux façons d'acheter le même légume dépasse largement l'écart entre les deux enseignes.

Produit — Carrefour, 02/09/2026 Prix Prix au kilo
Champignons blancs 200 g 0,99 € 4,95 €/kg
Champignons bruns agroécologie 200 g 2,19 € 10,95 €/kg
Haricots verts vrac 500 g 2,14 € 4,29 €/kg
Haricots verts fins éboutés 350 g 3,79 € 10,83 €/kg
Pommes de terre vapeur Filière Qualité 2 kg 2,49 € 1,24 €/kg
Blancs de poireaux Filière Qualité 500 g 3,00 € 6,00 €/kg

Les haricots verts éboutés à 10,83 €/kg contre 4,29 €/kg pour les mêmes en vrac : tu payes 6,54 € le kilo pour ne pas couper des bouts. Je l'ai fait. Ce n'est pas honteux, mais chiffre-le une fois dans ta vie, ça fait à peu près un restaurant par mois.

Même logique sur les champignons. Le Risotto express aux champignons ne devient pas meilleur parce que tu as pris les bruns en barquette agroécologie ; il devient 6 €/kg plus cher sur le seul ingrédient qui compte. Et le sac de pommes de terre vapeur à 1,24 €/kg, associé aux blancs de poireaux à 6,00 €/kg, garde le Velouté poireaux-pommes de terre dans la zone où je n'ai même pas besoin de réfléchir.

Le Boursin résume le rayon entier : le pot de 80 g à 1,29 € revient à 16,12 €/kg, celui de 250 g à 3,45 € revient à 13,80 €/kg. Dix-sept pour cent d'écart au kilo pour un produit strictement identique, à trente centimètres de distance sur la même étagère.

Un mot sur les fruits, parce qu'on les oublie toujours dans les comparatifs d'enseignes. Toujours chez Carrefour le 2 septembre 2026 : la pomme Gala à la pièce à 0,53 €, ce qui donne 2,69 €/kg, tandis que les pommes Elstar en vrac au kilo étaient à 2,99 €. Pour une fois, la pièce est moins chère au kilo que le vrac — c'est rare, c'est contre-intuitif, et ça montre bien qu'aucune règle générale ne remplace la lecture de l'étiquette. Les prunes rouges en vrac à 1,49 € les 500 g, soit 2,99 €/kg, contre les pêches à 3,99 € le kilo : à goût égal en septembre, il y a un euro de différence par kilo, et c'est la prune qui gagne.

Le mur Leclerc, et ce que ça change pour ta liste

Un 403. Sur la page d'accueil. Ça veut dire qu'aucun outil extérieur ne lit leurs prix, ni le nôtre, ni celui des comparateurs qui prétendent le contraire. Je trouve ça défendable de leur côté et pénible du mien.

Concrètement, dans Tadam, une liste envoyée vers Leclerc ne passe pas par une adresse de fiche produit. L'app essaie d'abord de coller la liste entière — ça échoue, c'est le cas attendu — puis enchaîne la recherche article par article, et c'est toi qui cliques « Ajouter ». Plus lent qu'un drive Carrefour, oui. Mais on préfère un chemin lent qui marche à un raccourci qui se casse un jeudi soir.

Deux drives, deux mécaniques

Carrefour : l'adresse tombe juste

Les fiches produit Carrefour suivent une adresse déterministe, du type carrefour.fr/p/<slug>-<ean13>. Avec le code-barres, Tadam fabrique l'URL de la fiche sans passer par le moteur de recherche. Ta liste s'ouvre directement sur le bon produit, tu ajoutes, tu passes au suivant. Pas de résultats à trier, pas de « vouliez-vous dire ».

C'est la meilleure intégration drive qu'on ait construite, et ce n'est pas un compliment gratuit : c'est simplement l'enseigne qui a la structure d'URL la plus propre du marché français.

Leclerc : recherche guidée, et on l'assume

Aucune enseigne française ne propose de coller une liste multi-lignes. On a cherché, longuement. Leclerc a bien des « listes », Carrefour aussi, mais on les remplit produit par produit. Donc chez Leclerc, Tadam fait défiler tes articles, lance la recherche, et te laisse valider.

Ce que Tadam ne fera jamais, chez eux comme ailleurs : cliquer sur une bannière cookies à ta place, contourner un anti-bot, taper dans une API privée. Quand un mur de consentement s'affiche, l'app se met en pause et te rend la main. C'est une règle, pas une limite technique.

Le créneau, ce coût que personne ne compte

Décembre dernier, de retour en France, je voulais un drive Leclerc pour le vendredi 18 h parce que c'était le seul moment de la semaine où je n'avais rien. J'ai regardé le mardi soir vers 21 h 15, entre deux appels — le créneau de 18 h était déjà parti, celui de 19 h aussi. J'ai pris 19 h 45. Et le vendredi, j'ai attendu vingt minutes garé derrière la camionnette d'un fleuriste qui livrait le magasin, avec un sac de mandarines sur le siège passager que j'avais acheté ailleurs pour tenir.

Trois jours d'avance pour un créneau. C'est le vrai coût du drive, et il n'apparaît sur aucun comparatif de prix : tu ne choisis pas quand tu fais tes courses, tu choisis quand tu les auras. Si ta semaine est imprévisible, l'économie de 4,45 € sur le panier ne compense pas la soirée où tu n'as rien à cuisiner.

Les frais, et le trou dans nos données

Je n'ai pas relevé les frais de drive enseigne par enseigne, donc je ne te donnerai aucun montant. Ce que je peux affirmer : un minimum de commande existe très souvent, une gratuité au-dessus d'un seuil aussi, et le prix affiché en drive est celui du magasin qui prépare ta commande. Pas un prix national. C'est précisément pour ça que chez Auchan, tant que tu n'as pas choisi ton drive, la fiche produit n'affiche aucun bouton d'ajout et se contente d'un « Voir les prix ».

Ce que le drive supprime vraiment, et là je suis catégorique, ce sont les achats d'impulsion. Pas de tête de gondole, pas de rayon bonbons à hauteur d'enfant, pas de faim de 12 h 30.

Prends Carrefour si tu veux que ta liste s'ouvre toute seule sur la bonne fiche. Prends Leclerc si tu veux payer moins et que trois clics de plus par produit ne te dérangent pas. Et arrête de me demander lequel des deux gagne au centime : je n'en sais rien, et personne d'autre non plus.

Sources

Questions fréquentes

Leclerc est-il moins cher que Carrefour ?

Probablement oui, mais je ne peux pas le prouver avec mes relevés. Le panier Tadam de 29 produits donne Leclerc à 42,80 € contre Carrefour à 47,25 € le 3 septembre 2026 — sauf que le total Leclerc est une estimation, leur site bloquant tout robot.

Pourquoi Tadam n'a-t-il pas les prix Leclerc ?

Leur protection anti-robot DataDome renvoie une erreur 403 sur l'intégralité du site, page d'accueil comprise, testé le 2 septembre 2026. Aucun prix n'est récupérable. Leclerc tourne donc en prix estimés dans l'app, à confirmer en magasin.

Peut-on coller une liste de courses entière dans un drive ?

Non, aucune enseigne française ne le permet aujourd'hui. Leclerc et Carrefour proposent des listes, mais qu'on remplit produit par produit. Tadam ouvre donc les articles un par un, et c'est toi qui valides l'ajout.

Le prix du drive est-il le même que celui du magasin ?

C'est celui du magasin qui prépare ta commande, pas un prix national. Un même produit peut donc changer de prix d'un drive à l'autre au sein de la même enseigne. Chez Auchan, la fiche n'affiche même aucun prix tant qu'aucun drive n'est sélectionné.

À lire ensuite

Les prix cités dans ce guide

Chaque fiche donne le prix relevé dans les 17 enseignes suivies.

Des recettes pour appliquer

Arthur Lecaille

Arthur Lecaille est le fondateur de Tadam. Entrepreneur français installé à Bali, il dirige AC SCALE LLC, structure depuis laquelle il construit des produits numériques grand public. Tadam est né d'un constat simple, vérifié chiffres en main : entre deux enseignes françaises, le même panier de courses peut varier de plus de quarante euros, sans que personne ne publie l'écart de façon lisible. Il conçoit lui-même le moteur de relevé de prix, la méthode de rapprochement produit-ingrédient et les règles de planification des menus, et il tranche chaque arbitrage éditorial : afficher un prix estimé comme tel, ne jamais présenter une moyenne comme un relevé, publier l'écart même quand il dérange.

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